Fixer ses tarifs freelance : calculer son TJM en 2026 (méthode et exemple)

En bref

  • Votre TJM de freelance se calcule à partir de ce que vous voulez gagner, pas de ce que facturent les autres : revenu visé + frais, divisés par la part de chiffre d’affaires qui vous reste après cotisations, puis par vos jours réellement facturables.
  • En micro-entreprise, les cotisations sociales de 2026 sont de 25,6 % du chiffre d’affaires pour une activité libérale non réglementée, 21,2 % pour une prestation de services commerciale ou artisanale (BIC) et 23,2 % pour une activité relevant de la Cipav.
  • Le piège classique : diviser par 218 jours. Entre congés, prospection, administratif et formation, un freelance facture souvent bien moins de jours qu’un salarié n’en travaille.
  • Verdict de Max : calculez votre TJM plancher, puis vendez au-dessus. Le prix du marché sert à vérifier votre calcul, pas à le remplacer.

Fixer ses tarifs de freelance, c’est l’exercice que tout le monde repousse. On regarde ce que facturent les autres, on enlève 20 % « pour être compétitif », et on découvre en fin d’année que le compte n’y est pas. Le TJM freelance (taux journalier moyen) n’est pas un chiffre qu’on devine, c’est un chiffre qu’on calcule, avec quatre données que vous connaissez déjà. Voici la méthode, un exemple chiffré avec les taux officiels de 2026, et comment faire accepter votre prix.

TJM freelance : de quoi parle-t-on ?

Le TJM est le prix hors taxes d’une journée de travail facturée à un client. C’est l’unité la plus courante chez les freelances du numérique (développement, marketing, design, conseil). Il existe trois grandes façons de facturer :

Mode de facturationQuand l’utiliserLe risque
Au temps (TJM ou taux horaire)Missions en régie, périmètre flou, accompagnement dans la duréeVos revenus plafonnent au nombre de jours que vous pouvez travailler
Au forfait (prix par projet)Livrable clair : un site, un audit, une séquence d’emailsUn projet mal cadré vous fait travailler gratuitement
À l’abonnement (prix mensuel)Prestation récurrente : maintenance, gestion de contenu, reportingLe périmètre doit être écrit noir sur blanc pour éviter les dérives
Grille de la rédaction.

Même si vous vendez au forfait, calculez votre TJM : c’est lui qui vous dit si un forfait est rentable, en divisant son prix par le nombre de jours qu’il vous prendra.

Calcul du TJM en 4 étapes

  1. Fixez le revenu annuel que vous visez, avant impôt sur le revenu. C’est ce que vous voulez vous verser, pas ce que vous espérez facturer.
  2. Ajoutez vos frais professionnels annuels : logiciels, matériel, assurance, comptable, formation, coworking, déplacements.
  3. Tenez compte des cotisations sociales. En micro-entreprise, elles sont prélevées sur le chiffre d’affaires : divisez le total précédent par (1 − taux de cotisations).
  4. Divisez par vos jours facturables, c’est-à-dire les jours où un client vous paie réellement, pas les jours où vous travaillez.

La formule tient en une ligne : TJM = (revenu visé + frais) ÷ (1 − taux de cotisations) ÷ jours facturables.

Les taux de cotisations à utiliser en 2026

Activité en micro-entrepriseCotisations sociales (% du chiffre d’affaires)
Activité libérale non réglementée (BNC) : consultant, développeur, rédacteur, formateur…25,6 %
Activité libérale réglementée relevant de la Cipav (BNC)23,2 %
Prestation de services commerciale ou artisanale (BIC)21,2 %
Source : Service Public Entreprendre, « Cotisations sociales d’un micro-entrepreneur », page vérifiée le 1er janvier 2026. S’y ajoutent la contribution à la formation professionnelle et, si vous l’avez choisi, le versement libératoire de l’impôt.

Autre chiffre à garder en tête : le régime micro-entreprise s’applique en 2026 aux prestations de services si le chiffre d’affaires de 2024 ou de 2025 n’a pas dépassé 83 600 € hors taxes. Si votre calcul vous emmène au-delà, parlez-en à un expert-comptable : une autre forme juridique sera peut-être plus adaptée. Pour une société (EURL, SASU), le raisonnement reste le même, mais les charges se calculent différemment.

Exemple de calcul

Prenons un consultant en marketing en micro-entreprise (activité libérale non réglementée, donc 25,6 % de cotisations). Les montants ci-dessous sont des hypothèses de calcul, à remplacer par les vôtres :

ÉtapeHypothèseRésultat
Revenu visé3 000 € par mois avant impôt36 000 € par an
Frais professionnelsLogiciels, matériel, assurance, comptable+ 4 000 € = 40 000 €
Cotisations40 000 ÷ (1 − 0,256)≈ 53 800 € de chiffre d’affaires nécessaire
Jours facturables46 semaines × 5 jours = 230 jours, dont un tiers consacré à la prospection, à l’administratif et à la formation≈ 150 jours
TJM plancher53 800 ÷ 150≈ 360 € HT par jour
Calcul de la rédaction, avec le taux officiel de 2026.

Ce chiffre est un plancher : en dessous, vous travaillez à perte par rapport à votre objectif. Il ne tient pas compte de l’impôt sur le revenu, ni d’une épargne de précaution pour les mois creux. Si vous comptiez 218 jours facturables au lieu de 150, vous tomberiez à environ 250 € par jour et manqueriez votre objectif de près d’un tiers.

Confronter son TJM au marché

Une fois le plancher calculé, regardez ce que pratiquent les freelances de votre métier, avec votre niveau d’expérience, sur les plateformes de mise en relation et dans votre réseau. Trois cas de figure :

  • Le marché est au-dessus de votre plancher : alignez-vous sur le marché, pas sur votre plancher. Vous n’avez aucune raison de facturer moins que vos confrères.
  • Le marché est proche de votre plancher : travaillez votre positionnement (une spécialité, un secteur, un résultat précis) pour sortir de la comparaison.
  • Le marché est en dessous de votre plancher : revoyez vos frais, vos jours facturables ou votre offre. Baisser votre prix ne réglera pas le problème, cela le reportera.

Faire accepter son prix

  • Annoncez un prix, pas une fourchette. Une fourchette invite le client à choisir le bas.
  • Parlez résultat avant de parler jours. « Une séquence d’onboarding qui réduit les désabonnements » se vend mieux que « cinq jours de travail ».
  • Proposez trois options plutôt qu’une : la version essentielle, la version recommandée, la version complète. Le client compare vos options entre elles, plus avec la concurrence.
  • Ne baissez pas le prix, réduisez le périmètre. Si le budget ne suit pas, retirez un livrable.
  • Augmentez vos tarifs chaque année, en prévenant vos clients récurrents quelques semaines à l’avance. Commencez par les nouveaux clients.

Un prix plus élevé se défend beaucoup mieux quand l’expérience client suit : un onboarding client soigné et un suivi clair dans votre CRM justifient votre tarif dès la première semaine. Et pour les créatifs, un portfolio qui se remarque, par exemple avec un outil comme Readymag, fait une partie du travail avant même l’appel de découverte.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Copier le salaire journalier d’un salarié. Un salarié ne paie ni ses congés, ni ses outils, ni ses jours sans client.
  • Oublier les jours non facturables. Prospection, devis, facturation, comptabilité : ce temps est réel et doit être payé par vos missions.
  • Brader les premières missions « pour se faire un nom ». Un client acquis à bas prix est difficile à faire monter ensuite.
  • Accepter les « petites modifications » sans les chiffrer. Écrivez le nombre d’allers-retours inclus dans chaque devis.

Notre méthode

Les taux de cotisations et le seuil de chiffre d’affaires proviennent des fiches officielles de Service Public Entreprendre, consultées le 27/09/2026. L’exemple de calcul repose sur des hypothèses de la rédaction (revenu visé, frais, jours facturables) : adaptez-les à votre situation. Nous ne donnons pas de « TJM moyen » par métier, faute de source officielle fiable. Cet article ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable.

FAQ sur les tarifs freelance

Comment calculer son TJM de freelance ?

Additionnez le revenu annuel visé et vos frais professionnels, divisez par (1 − taux de cotisations sociales), puis par le nombre de jours que vous pourrez réellement facturer dans l’année. Le résultat est votre TJM plancher.

Combien de jours facture un freelance par an ?

Cela dépend de votre activité, mais il faut retirer des jours ouvrés vos congés, les jours fériés et le temps passé à prospecter, gérer l’administratif et vous former. Dans notre exemple, ces retraits ramènent 230 jours travaillés à environ 150 jours facturables.

Quel est le taux de cotisations d’un micro-entrepreneur en 2026 ?

Selon Service Public Entreprendre : 25,6 % du chiffre d’affaires pour une activité libérale non réglementée, 23,2 % pour une activité relevant de la Cipav et 21,2 % pour une prestation de services commerciale ou artisanale.

Quel salaire pour un TJM de 400 euros ?

Avec 150 jours facturés, un TJM de 400 € donne 60 000 € de chiffre d’affaires. En micro-entreprise libérale non réglementée, il reste environ 44 600 € après cotisations sociales, soit environ 3 700 € par mois avant frais professionnels et impôt sur le revenu.

Faut-il facturer à la journée ou au forfait ?

À la journée quand le périmètre est flou ou que la mission dure dans le temps. Au forfait quand le livrable est clair. Dans les deux cas, calculez votre TJM : il permet de vérifier qu’un forfait est rentable.

Comment augmenter ses tarifs de freelance ?

Appliquez d’abord le nouveau tarif aux nouveaux clients, puis prévenez vos clients récurrents quelques semaines à l’avance, en rappelant les résultats obtenus ensemble. Une hausse annuelle, même modeste, évite d’avoir à rattraper plusieurs années d’un coup.

Sources

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